La succession d’entreprise est un vaste processus qui demande de prendre en compte des aspects juridiques, fiscaux, financiers, organisationnels et économiques. Le processus de succession peut être structuré de la manière suivante :
La succession d’entreprise commence par une analyse approfondie du contexte actuel. L’analyse doit couvrir la situation économique, la structure des propriétaires ainsi que les objectifs personnels et les conditions-cadres temporelles. Elle a pour but de fournir une vision claire des possibilités de succession.
Cette phase sert à la préparation stratégique de la succession. Elle couvre l’évaluation de l’entreprise, la clarification des questions juridiques et fiscales ainsi que la définition d’un calendrier. La prise en compte précoce de la communication avec les collaborateurs, les partenaires commerciaux et les autres personnes concernées est nécessaire pour une organisation transparente et ordonnée du processus.
Le choix d’un successeur approprié est une étape décisive. Que le choix s’opère au sein de la famille, de l’entreprise ou à l’extérieur, des critères clairs doivent être définis et les candidats potentiels doivent être examinés avec soin. Outre l’adéquation professionnelle, les valeurs personnelles, les aptitudes à l’exercice d’une fonction dirigeante et la perspective à long terme jouent un rôle important.
La transmission est accomplie de manière structurée avec les garanties juridiques requises. En font partie la rédaction et la signature de contrats, le transfert des responsabilités ainsi que l’introduction opérationnelle du successeur. Un plan clair du déroulement et un accompagnement étroit par les responsables actuels facilitent la transmission.
La phase d’intégration commence après la transmission. Le successeur est intégré dans l’organisation, endosse des tâches dirigeantes et poursuit le développement de l’entreprise. En parallèle, l’acceptation par les collaborateurs et clients s’en trouve renforcée. L’objectif est une direction stable et viable de l’entreprise.
L’évaluation de l’entreprise est une composante centrale de toute planification de succession. Elle fournit une appréciation objective de la valeur économique d’une entreprise et constitue la base des négociations sur le prix de vente, des réflexions fiscales et des décisions stratégiques. Une évaluation compréhensible qui prend en compte la valeur intrinsèque établit un lien de confiance entre le vendeur et l’acheteur et facilite la transmission.
Les procédures d’évaluation utilisées varient en fonction de l’objectif fixé, de la structure de l’entreprise et de la branche. Les méthodes les plus courantes sont expliquées brièvement ci-après :
La méthode de la valeur de rendement repose sur l’hypothèse que la valeur d’une entreprise est déterminée par ses bénéfices futurs. Les rendements annuels attendus sont actualisés à la date du jour en utilisant un taux d’intérêt de capitalisation qui prend en compte le risque et les conditions du marché.
Adapté pour : petites et moyennes entreprises avec des résultats stables
Avantage : tient compte de la viabilité de l’entreprise
Inconvénient : dépend de pronostics et d’hypothèses réalistes
Dans ce cas, la valeur de l’entreprise est calculée sur la base des actifs disponibles, p. ex. les machines, bâtiments, stocks et liquidités. Les valeurs immatérielles, telles que les relations avec la clientèle et le savoir-faire, sont le plus souvent ignorées.
Adapté pour : entreprises à forte intensité de capital (p. ex. production, agriculture)
Avantage : méthode simple et transparente
Inconvénient : ne prend en compte ni la rentabilité ni les potentiels d’avenir
La méthode pratique combine la valeur de rendement et la valeur intrinsèque en une valeur moyenne de l’entreprise. Souvent, cette moyenne pondère la valeur de rendement à raison de deux tiers et la valeur intrinsèque à raison d’un tiers. Cette méthode est particulièrement répandue dans le domaine des PME, car elle prend en compte tant la rentabilité que la base patrimoniale. Les entreprises non cotées sont également évaluées chaque année par les autorités fiscales selon cette méthode.
Adapté pour : petites et moyennes entreprises, notamment dans l’artisanat et l’horticulture
Avantage : évaluation équilibrée, axée sur la pratique et compréhensible
Inconvénient : la pondération n’est pas standardisée et peut être subjective
La méthode DCF évalue une entreprise sur la base de ses futurs flux de trésorerie (cashflows). Ceux-ci sont établis selon une prévision et actualisés par un taux d’intérêt approprié à la valeur du jour. Il s’agit d’une méthode reconnue au plan international qui trouve son application auprès des grandes entreprises.
Adapté pour : entreprises orientées vers la croissance dotées d’une structure complexe
Avantage : étude détaillée de l’avenir
Inconvénient : besoin de volumes importants de données et sensibilité à l’égard des hypothèses
Pour la méthode de la valeur de comparaison, la valeur de l’entreprise est déterminée par comparaison avec des entreprises similaires. Les indicateurs tels que le chiffre d’affaires, l’EBIT ou l’EBITDA sont ajustés par des multiplicateurs en vigueur sur le marché. Cette méthode est répandue en particulier dans les branches comptant de nombreuses transactions.
Adapté pour : entreprises de services et entreprises commerciales
Avantage : rapide et basé sur le marché
Inconvénient : dépendant de la disponibilité de données comparatives
L’évaluation de l’entreprise est une composante centrale en cas de vente d’entreprise, de règlement d’une succession, de décision d’investissement ou de planification stratégique. En vue de réaliser une évaluation fondée, divers documents sont nécessaires pour fournir un aperçu détaillé de la situation économique et des perspectives d’avenir de l’entreprise.
Ils forment la base de toute évaluation :
Pour réaliser une prévision d’avenir, les documents suivants sont importants :
Ils renseignent sur la structure juridique et les risques possibles :
La succession d’entreprise peut être réalisée de différentes manières, en fonction de la situation familiale, de l’orientation stratégique et des conditions du marché. Le choix de la forme adéquate pour la succession a une grande influence sur le déroulement, le financement et l’avenir de l’entreprise. Les principaux modèles sont présentés ci-après :
Dans le cas de la succession familiale, un membre de la famille – souvent, un enfant ou conjoint – reprend la direction de l’entreprise. Cette forme implique une charge émotionnelle particulière et requiert une préparation précoce ainsi qu’une répartition claire des rôles.
Avantages :
Défis :
Dans ce cas, des collaborateurs ou des cadres de l’entreprise prennent la succession. Ils connaissent déjà les processus et les structures et sont en mesure de poursuivre la direction de l’entreprise sans heurts.
Avantages :
Défis :
Dans le cas de la succession externe, l’entreprise est vendue à une personne extérieure ou à une autre entreprise. Celle-ci peut être identifiée sur une plateforme d’annonces ou par l’intermédiaire d’un conseiller ou de réseaux.
Avantages :
Défis :
Dans certains cas, la succession se déroule par étapes au moyen de participations, p. ex. par des associés passifs, des investisseurs ou des sociétés de participation financière. Ces modèles conviennent pour des transmissions particulièrement complexes et pour le financement du prix de vente.
Avantages :
Défis :
Le financement d’une succession d’entreprise constitue un défi central pour de nombreux acheteurs. Le prix de vente, les investissements potentiels dans l’avenir de l’entreprise ainsi que les frais courants d’exploitation doivent être planifiés avec soin et assurés. Une structure solide de financement est décisive pour le succès durable de la succession.
Une part du financement provient, en règle générale, des fonds propres du successeur. Cela accroît la solvabilité et réduit la dépendance à l’égard des fonds de tiers. Plus la part des fonds propres est élevée, plus le financement est stable.
Les crédits bancaires sont une source de financement fréquemment utilisée. Dans ce cadre, une bonne préparation, un plan d’affaires convaincant et une évaluation réaliste de l’entreprise sont essentiels. L’octroi du crédit dépend fortement de la solvabilité et de la viabilité de l’entreprise.
Dans certains cas, la partie venderesse participe au financement, en ce sens qu’une part du prix de vente est accordée sous forme de prêt. Cela établit un lien de confiance et permet une structure plus flexible du paiement.
Des investisseurs ou des sociétés de participation financière peuvent être intégrés dans le financement. Ils contribuent non seulement en capital mais aussi par du savoir-faire et des réseaux. De tels modèles conviennent particulièrement pour des solutions de succession d’envergure ou des réorientations stratégiques.
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